
À même la peau…
Ainsi annotées, E.A.*(Epreuve d’Artiste), ces deux séries (en diptyque et triptyque) sont très référencées dans leur contenu, mais témoignent d’une relation étroite avec la chauve-souris.
Nous y sommes ! Puisque déployée, l’aile, la main-aile avec sa membrane de peau (le patagium) permet une meilleure portance pour accéder au plus loin, mais permet aussi de servir de filet pour capturer les insectes, sinon les hommes.
Cette première composition en triptyque, Tierstück, dédicace à D. conjugue les réfé- rences, car à la renaissance Dürer invente le Tierstück littéralement, « pièce d’animal » dans lequel il rend compte de la beauté d’un mammifère ou d’un oiseau.
Comme dans la petite aquarelle et encre de 1522 de Dürer, l’estampe en polyptyque offre, ailes déployées, une chauve-souris gigantesque, oubliant la Pipistrelle, et nous happe dans une peau ouverte aux zoonoses, portées selon toute vraisemblance par une rous- sette à Covid-19.
* E.A. ou A.P. (Artist Proof ) ou encore H.C. (Hors Commerce) :
Les E.A. sont destinées au graveur pour l’échange, le cadeau ; elles représentent environ 10 % du tirage total, et peuvent être numérotées (et dans ce cas en chiffres romains).
Enfin, les épreuves d’artiste font partie intégrante du processus créatif car il peut s’agir d’une version qui diffère de la gravure finale.
La seconde gravure, Entre les 2, dédicace à R et R, joue une nouvelle fois avec les réfé- rences et met en relation une partie de la gravure « L’ange disparaît devant la famille de Tobit » de Rembrandt 1 et un dessin préparatoire de Raphaël 2, « Étude pour la dispute du Saint Sacrement ».


Un chemin lumineux, lien entre ciel et terre, avec un premier tirage « La peau de l’autre » en contre-épreuve, un gaufrage de chauves-souris roses en cocon de nuit suspendues devant l’aspiration céleste. Ainsi va la vie dans ce passage du clair|obscur quand la lumière fait rage, quand de la cécité, on recouvre la vue pour d’autres aspirations.
1 REMBRANDT HARMENSZOON VAN RIJN DIT REMBRANDT (LEYDE, 1606 – AMSTERDAM, 1669)
Eau forte et pointe sèche
0,103 x 0,154 m
2 RAFFAELLO SANZIO DIT RAPHAËL
(URBINO, 1483 – ROME, 1520)
Plume, encre brune, sur premier tracé à la pointe de plomb, traits de stylet, pierre noire pour le croquis 0,398 x 0,250 m
Moïse Lefebvre – Fillion | avril 2024
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